La station de Sasaba se trouve dans le district de Kercha, au cœur du Guji, à plus de 2 000 mètres. Plus de cinq cents petits producteurs, Gedeo et Guji, y apportent leurs cerises, cueillies sur des parcelles qu’ombragent la forêt d’origine et l’ensete, le « faux bananier » qu’on plante ici entre les caféiers.
Le café y est lavé à l’éthiopienne : dépulpé sur place, fermenté de 48 à 72 heures, puis séché lentement, sept à huit jours, sur plus de six cents lits africains. La station ne paie sa prime qu’aux cerises qui atteignent son niveau d’exigence, et travaille surtout avec des producteurs formés de longue date.
C’est Tsegay Hagos Tesfaye qui a fondé Sasaba, en 2005. Il tient aujourd’hui deux stations dans la région de Kercha, et a monté sa propre maison d’export à Addis-Abeba, avec ses camions, ses entrepôts et ses ateliers de tri : le café ne quitte ses mains qu’au moment de partir. Il forme les producteurs, leur avance de l’argent pendant les mois creux de la saison des pluies, et met un véhicule à disposition pour les urgences médicales. Ce café porte son nom.
À notre table de dégustation, il a montré du thé noir et de la bergamote, portés par un corps soyeux. Les fruits jaunes que relève la fiche du lot, la pêche en tête, viennent arrondir l’ensemble.






















